samedi 8 novembre 2008

Despised Icon Fucking Brutal - Le chène et le roseau




Despised Icon ~ Le chène et le roseau


Pauvre petite créature que la nature a
dépourvu de force et d'ardeur - Qu'un seul léger murmure vous procure un sentiment de peine et de peur - Regardez-moi, tel le roc -Rien ne m'émeut, rien n'me provoque - Et de surcroît, mon nom est roi - Si vous vous réfugiez sous mon aile, vos souffrances ne seraient éternelles - Mais les vôtres se dévoilent au torrent - Le destin, pour vous est aberrant - Cessez de compatir pour moi - Votre pitié est veine alors qu'approche votre trépas - Je peux plier, mais ne romps pas - À défaut de certaines qui, sûrement, invincibles se croient - Vous pouvez bien vous tenir droit sans vous méfier de celle qui, un jour, du mal vous fera - Vous pensez que frêle, je sois - Même si ce n'est du quel l'arrogance vous perdra - Buis Buis - Vous ne savez quelle est la fin de cette histoire pleine de chagrin - Un cri accourt de l'horizon - Fait de vos ôtes, sa direction - Non sans efforts, de tout son corps - Si brute, si fort: roseau se tort - Le cri insiste, le chêne résiste - Souffle persiste, colosse désiste - Celui qui se croyait si fort réside maintenant parmi les morts - Là, est bien pris qui croyait prendre.

Jean de la Fontaine ~ Le chène et le roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

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